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 De la nécessité de la philosophie ?

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MessageSujet: De la nécessité de la philosophie ?   Mar 26 Sep - 17:29

Je livre ici une réflexion engagée à la suite de la lecture d'un article que vous pouvez trouver ici.

Voici mon analyse :

"Le 9 juin 2004, Thomas De Koninck publie une lettre ouverte sur cyberpress.ca. Le sujet ? Défendre la philosophie dans les collèges d'enseignement général et professionnel, au Québec.
S'il faut la défendre, cela veut-il dire qu'elle est en danger ? Si oui, pourquoi ?

Qu'est-ce que c'est, une lettre ouverte ? Sur Wikipedia, on peut lire que c'est un texte qui, bien qu'adressé à une ou plusieurs personnes en particulier, est exhibé publiquement afin d'être lu par un plus large groupe. Pour ce faire, c'est le plus souvent la presse qui est utilisée comme média, mais une lettre ouverte peut également prendre la forme d'une publication à part entière, d'une affiche, d'une chanson, d'un tract, ou plus récemment être mise en ligne sur Internet, etc.

On peut donc supposer que l'intention de T. De Koninck est de replacer la philosophie au coeur de l'éducation, à la suite d'un débat remettant en cause la nécessité d'enseigner cette discipline dans ces institutions scolaires. Et qu'il cherche à toucher le maximum de personnes en la diffusant sur Internet.

L'auteur écrit au nom d'un collectif d'universitaires des départements de philosophie du Québec.
D'emblée, il choisit d'attaquer l'éducation supérieure – et ses représentants – en leur reprochant la conception inexacte qu'ils se font de la philosophie.

Pour l'auteur, le parti pris est le suivant : la philosophie EST nécessaire, et même, n'a jamais été aussi utile pour comprendre le monde actuel, et s'y adapter. Ceux qui prétendent le contraire vivent dans l'illusion, selon De Koninck (1er §) et doivent davantage réfléchir. On peut se demander si l'auteur ne reproche pas à ses interlocuteurs de manquer singulièrement de bon sens (cit : "penser toujours mieux").

Concernant ce point, voici ce que lui répond François Brooks, le rédacteur en chef du site http://www.philo5.com (lequel a choisi de publier intégralement cette lettre ouverte) :

" Je constate que la philosophie est un vaste domaine presque vierge, une terre inoccupée, un lieu immense à conquérir, un champ d'avenir. Qu'êtes-vous prêt à faire vous, personnellement, pour en faire la promotion ? Descartes disait que le bon sens est la chose la mieux partagée au monde. Mais comment le faire découvrir si la philosophie est absente de notre vie quotidienne, si nous ignorons les philosophes qui ont pavé la voie de notre réflexion depuis 2500 ans, et si certains professeurs de philosophie démotivés admettent qu'elle ne sert à rien ? L'enseignement de la philosophie ne pourrait-elle pas se transformer pour donner à l'étudiant une preuve concrète immédiate de son utilité dans la vie de tous les jours? Comment renforcer cette utilité hors des salles de classes ? "


Comme on le voit, plusieurs réserves découlent de cette problématique. Thomas De Koninck disserte un long moment sur la nécessité de la philosophie, et replace cette dernière au coeur de la modernité en avançant certains arguments, que nous allons développer un peu plus bas.

Mais ces arguments tiennent "en théorie", ce que fait remarquer F. Brooks lorsqu'il évoque la pratique de la philosophie : de fait, comment enseigner cette discipline de manière à toucher les étudiants d'aujourd'hui ?

Brooks parle de "preuve concrète", d'utilité en dehors de l'école. Le problème, au fond, n'est-il pas de moderniser l'enseignement de la philosophie, au lieu de se poser la question de son utilité ?

Car aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous contenter d'ingurgiter des connaissances dont les origines remontent à plus de 2 millénaires, tandis que nos sociétés se complexifient, se dynamisent, surtout par l'entremise des nouvelles technologies. Dans ce monde en perpétuelle évolution, où la recherche constante de la nouveauté se fait l'étendard du modèle économique, la philosophie apparaît vieillotte, dépassée.

D'où la posture qu'adopte De Koninck, celle de défendre cette discipline parce qu'elle est critiquée, et parce qu'elle a besoin de légitimité, à l'heure où beaucoup se demandent à quoi elle sert !

Brooks continue ainsi : " Nous partons vous et moi d'une prémisse qui est loin d'être partagée par les masses : « La philosophie est essentielle ». Comment allons-nous convaincre nos interlocuteurs ? Quel est notre argument contraignant ? Comment séduire une masse endormie dans l'éther publicitaire? Pouvons nous convaincre un public qui ne cesse de penser tranquillement en mode « input » (TV, Radio, Cinéma, etc.) sans solliciter leur participation? Les étudiants qui se voient imposés de force l'étude de cette discipline ne trouvent-ils pas dans cette forme de tyrannie l'occasion de vouloir tout faire pour s'en libérer? L'obligation gouvernementale d'enseigner la philosophie dans les cégeps peut-elle vraiment les convaincre alors qu'il se foutent de la philo et n'ont les yeux rivés que sur le diplôme ? Comment peut-on honnêtement apprendre la philo dans un contexte où nos réflexions seront évaluées et comptabilisées dans un système de notation qui promeut la compétition ? Socrate nous enseigne que nous ne pouvons faire agir librement qui que ce soit sans passer par le consentement de sa réflexion. Comment convaincre des étudiants à alimenter leurs conversations de concepts qui ont été mis hors de portée de leur réflexion par une culture qui a installé dans leur esprit une vision unidimensionnelle de l'existence ? "

Ces axes de réflexion, inhérents aux problèmes que soulève De Koninck, montrent effectivement à quel point il devient difficile pour nos institutions scolaires de fonder l'enseignement de la philosophie en classe de Terminale.

Pour l'auteur, la difficulté tient au fait que, comme dit précédemment, la philosophie n'est plus en vogue, car on la détourne de ce qu'elle est réellement. Leur position ? Réduire son importance, son rôle à jouer dans nos sociétés modernes.

Qu'est-ce que c'est, la philosophie ? De Koninck en donne-t-il une définition ? En tout cas, il en tente une approche par le biais de la fonction qu'elle tient dans la société.

Au début, l'auteur fait un constat : les problématiques, qui agitent la société et les régimes politiques, cessent d'être relatives à certain-e-s régions/localités/pays.

Il parle de problèmes "globaux" (2e §), ce qui veut dire que socialement, politiquement, ces problèmes ne sont plus isolés ou limités à certaines cultures. Pourquoi ? Parce que ces dernières sont toutes "tissées ensemble". Ce mélange incessant produit beaucoup plus de difficultés au sein des interactions sociales et politiques, ce qui entraîne une "complexité" partagée par tous.

Cependant, alors même que les problèmes deviennent plus lourds à solutionner, selon De K. le développement du savoir au contraire se fragmente et se détache de l'ensemble.

Les connaissances de chacun se spécialisant, elles deviennent limitées, et isolées, ce qui signifie pour l'auteur que de moins en moins nous sommes préparés à gérer la complexité du monde dans lequel nous évoluons.
De K. oppose effectivement ce savoir individuel, exclusif, aux problématiques collectives imposées par les liens tissés entre les pays.
Il donne l'exemple de l'expert, qui fort de sa formation isolée, va évoquer des concepts et réflexions se révélant incompris par la masse, laquelle n'a pas accès à toutes les données du spécialiste.

Deux dangers dérivent de ce phénomène : d'une part, l'expert peut en conclure ce qu'il veut, puisque nous n'avons pas la possibilité d'échanger clairement sur le sujet ; d'autre part, nous-mêmes pouvons faire des erreurs d'interprétation, en croyant comprendre des petits raisonnements exclus des problématiques d'ensemble.

L'essort mondial des nouveaux médias (cit "pouvoirs de communication") agit sur plusieurs domaines : les activités politiques et économiques, le développement scientifique... les conséquences de ce flot ininterrompu de "mots et images" sur l'homme est tel qu'il modifie en profondeur le lien social, culturel. En le qualifiant de "libre afflux", l'auteur semble suggérer qu'il n'est pas contrôlable, ou plus, que son impact n'est pas contrôlable. Qu'est-ce que cela signifie ? Simplement que le développement des technologies entraîne une nouvelle perception du monde, en donnant un sens nouveau à tout ce qui nous entoure (3e §)

La compréhension du monde fait partie de la nature humaine. Si cette compréhension est impactée par les nouvelles technologies, on peut supposer que l'homme va devoir s'adapter pour continuer à trouver du sens à son environnement. Afin de gérer au mieux l'accélération médiatique et technologique, l'homme doit pouvoir s'appuyer sur un noyau dur, et l'auteur avance que c'est sa culture. Sans culture, nous dirions même sans culture générale, c'est à dire sans connaissance d'ensemble, l'homme est condamné à être dépassé par les évènements dont il a été lui-même l'origine.

Les "modèles culturels" déterminent les mutations sociales bien plus que l'économie ou la politique, selon De Koninck. Peut-être parce que c'est la culture d'un homme qui le détermine, pris au sens individuel, et que c'est elle qui le forge, le pousse à évoluer. De même au niveau de la population.
L'auteur en conclut que la philosophie est la base d'une "bonne formation générale", et donc qu'elle est indispensable pour préparer l'homme à ses nouveaux devenirs.

Mais qu'est-ce que cela veut dire, "donner du sens au monde " ? Comment pourrions-nous, à notre nivau, l'interpréter ?
Reprenons les premières paroles de De K. : "Ce qu'il s'agit de former avant tout, c'est le jugement critique : lui seul rend autonome, libre".

Autonome ? Capable de penser par soi-même...
Libre ? Capable de se détacher de l'influence d'autrui pour penser...
Pour vivre ?
Et qu'est-ce qu'un "jugement critique" ?
Par la suite, l'auteur nous invite à réfléchir sur le sens de ce terme (4e §). Selon lui, le jugement d'un citoyen, c'est avant tout passer par "le langage et la capacité de discerner, de détecter ce qui est démagogique, de tenir de véritables débats rationnels sans lesquels la démocratie périclite vite en son contraire ".
-Le langage ? L'expression, la communication, la pensée... tout ce qui lie un individu à un autre, une société à une autre société.
-Le discernement ? Être capable d'apprécier avec justesse et clairvoyance une situation, des faits.
-La démagogie (du grec demos « le peuple » et ago : « conduire ») est une notion politique et rhétorique désignant l'état politique dans lequel les dirigeants mènent le peuple en le manipulant pour s'attirer ses faveurs, notamment en utilisant un discours flatteur ou appelant aux passions...
Ce qui veut dire tout simplement que le peuple doit pouvoir se libérer des manipulations diverses que pourraient exercer certaines catégories de personnes ayant une emprise sur lui.
-Quant aux débats rationnels, on les explique par des argumentations étayées, légitimes, logiques.

Sans toutes ces capacités, l'homme ne peut pas faire fonctionner la démocratie.

L'auteur prétend en effet que si l'homme perd son champ d'expressions, s'il est incapable de poser un mot sur une chose, une situation donnée, un évènement, s'il est incapable de nommer, comprendre et partager ce qui l'entoure, il bascule dans la violence.

Sans possibilité de distribuer la connaissance, alors l'ignorance domine. Selon Averroès (Homme de loi, Mathématicien, Médecin, Philosophe, Scientifique, Théologien (1126 - 1198) "l'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence".

On peut également citer Renaud Donnedieu de Vabres (Homme d'état, Homme politique, Ministre) : "la culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d'autrui et féconde la tolérance, en nous incitant à partir à la rencontre d'autres imaginaires et d'autres cultures."

De Koninck prend alors l'exemple du suicide. Ne plus pouvoir poser des mots sur sa souffrance, ne pas pouvoir l'exprimer, la partager, prend la forme d'une "violence faite à soi-même".

Donner du sens au monde... donner du sens à sa vie ? Si plus rien n'a de sens, la vie d'un homme ne sert à rien...

La vie a-t-elle un sens ?

Et comment définir la "véritable démocratie" ? (5e § ). Pour l'auteur, celle-ci est "complexe" et doit s'appliquer concrètement dans un mouvement incessant de recherches, découvertes, développements, choix, pris dans l'intérêt général. Une démocratie est en constante évolution, ce n'est pas une idée, une théorie, mais une "pratique". Et celle-ci ne peut se fonder que sur la formation complète d'un citoyen, qui doit pouvoir utiliser son sens critique dans n'importe quelle situation.

Le sens critique, seule la philosophie peut le faire naître en nous, affirme l'auteur. Sans culture philosophique, chacun reste isolé dans sa spécificité, incapable de partager l'étendue de ses connaissances au tout afin de l'en faire bénéficier.
Face à tous ces savoirs extrêmement précis et obscurs pour la majorité de la population, et surtout à leur multitude et leur accroissement favorisé par l'accélération des avancées techniques, comment distinguer le vrai du faux, la gravité de la légèreté, l'important du superflu ? L'auteur évoque "une montée de l'insignifiance" qui mettra en péril les sociétés humaines. Engluées dans ce fatras d'informations, sauront-elles garder en vue des objectifs indispensables au bien commun ? Extraire de ce flux vertigineux les données réellement importantes ?

Selon l'auteur, tout être humain a "une philosophie implicite", et qui "commande sa vie entière " (6e § ), ce qui veut dire que chacun se construit par des principes de vie conscients ou inconcients, et ceux-ci le guident dans ses décisions. La priorité pour chaque individu est de s'interroger sur "le sens ou l'absence de sens de la vie".
De Koninck fait sans doute référence à cet extrait de La Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale de Edmund Husserl : « Dans la détresse de notre vie, la science n’a rien à nous dire.  
Les questions qu’elle exclut par principe sont précisément les questions qui sont les plus brûlantes à notre époque malheureuse pour une humanité abandonnée aux bouleversements du destin : ce sont les questions qui portent sur le sens ou l’absence de sens de toute cette existence humaine. »

Pourquoi accorder, en effet, tant d'importance à la science, au détriment des arts, des lettres, de la philosophie ? Voyons ce qu'en dit De Koninck ( 7e § ). Il avance l'idée que la science "paraisse rendre possible un accord universel". Rendre possible un accord entre tous les peuples ? S'appuyer sur un savoir accepté de tous ? De K. dit que ce savoir reposerait sur la réduction de l'expérience humaine à deux domaines très limités :
- la perception
- le raisonnement formel

Ce qui signifie : ce que l'homme peut percevoir du monde (expérience empirique, par les sens), et ce qu'il peut déduire de cette expérience. Seule la science semble pouvoir apporter des réponses certaines, indubitables.
Que faire des autres "dimensions humaines" qui ne peuvent se résoudre par des expériences scientifiques ? Comment leur donner la parole, leur donner du sens ? Tout est-il formalisable par la science ?
L'humain n'est-il qu'un sujet scientifique, concret ?

L'intrication des problèmes mondiaux, les conséquences de nos développements technologiques, scientifiques, soulèvent des interrogations centrées sur l'homme, ce qu'il est, ce qu'il doit faire ( 8e § )... Selon l'auteur, "l'importance de l'humain" au coeur de ces problématiques, peut créer la solidarité, une évolution éthique, l'interresponsabilité de ces problèmes planétaires.
Qui sommes-nous ? Comment pouvons-nous, ensemble, améliorer les choses ? Quelles sont nos fautes partagées, comment les assumer et les réparer ? Autant de questionnements qui mettent en relief la complexité de chaque être humain, et la difficulté de la philosophie à la résoudre.

L'auteur donne alors l'exemple de la Déclaration universelle des droits de l'homme. ( 9e § )Son principe est de reconnaître "la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables" comme constituant "le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde".
Ce principe est le point de repère humain, LA valeur qui permet à un homme de vivre à côté de l'autre. Tous les peuples qui s'appuient sur cette valeur, qui ont conscience de l'importance de ce principe, peuvent composer avec leurs "morales différentes, la pluralité de leurs cultures".

Mais qu'est-ce que la dignité humaine ? Cette notion est-elle quantifiable, mesurable, prouvée scientifiquement ? Non. Cela veut-il dire qu'elle n'existe pas ? Le sens d'une vie peut-il être avéré par une expérience scientifique ? C'est à l'homme d'interpréter ce qui le compose avec les moyens dont il dispose, et ceux-ci ne rentrent pas dans le cadre d'une expérience scientifique.

La philosophie se charge d'expliciter le monde, l'humain, la dignité humaine aussi (10e § ) "Chaque être humain est au-dessus de tout prix et unique au monde", écrit de Koninck en citant Kant. L'homme est une "fin" en soi, il doit agir dans son intérêt d'homme, il doit prendre en compte les problèmes humains parce que sa nature humaine est un horizon indépassable. Le but de l'homme ? L'homme. Il n'a pas être utilisé, bradé, galvaudé.  Personne n'est interchangeable, copie conforme de l'autre. Pour l'auteur, seule la philosophie permettra le jugement critique, la "prise de conscience" qui pourra sauver l'homme d'un monde "déshumanisé".

Prendre conscience ? Avoir le pouvoir de discerner le vrai du faux, l'important de l'insignifiant, savoir distinguer la part de l'illusion et la part de la réalité ? Aller au-delà des apparences, vaincre le confort que représente la simplicité pour accéder à la complexité qui définit pleinement l'humain ? Connaître la connaissance, lutter contre l'ignorance, voici une des tâches de la philosophie, prétend De Koninck ( 11e § ).

Et pourquoi l'auteur nous a-t-il entraînés dans ce vaste champ d'interrogations ? Parce qu'il peut ainsi lier les problématiques humaines mondiales aux problèmes générés par l'éducation de nos citoyens, soit dépendant directement de l'éducation publique.
Pourquoi cette dernière veut-elle supprimer la philosophie  de son enseignement ? Parce qu'elle "s'aligne sur les besoins du marché de l'emploi", affirme De Konick (12e § ). Le marché de l'emploi ? Celui qui se fonde sur des démonstrations technologiques, des savoirs scientifiques ? Celui qui ne permet pas à l'homme d'expliciter des problèmes humains, faute de lui donner la formation nécessaire à une telle entreprise ? Celui qui accroît la violence parce qu'il place la dignité humaine après les besoins économiques ? Celui, enfin, qui ôte àla vie le sens qu'elle pourrait avoir, en la plaçant au coeur d'un flot de développements techniques, déshumanisés ?

Pour De Koninck, prétendre comprendre le monde et résoudre les problèmes interplanétaires avec cette approche est complètement illusoire. Pour lui, la technologie est loin de pouvoir assurer à l'homme un avenir de paix où il pourra continuer à s'épanouir culturellement avant même de pouvoir s'épanouir économiquement. (13e § )
Parce que la science fait sans cesse de nouvelles découvertes, parce que celles-ci entraînent des modifications et développements techniques toujours en mouvement, il est impossible de se fonder sur ces savoirs forcément limités dans le temps.

La solution que préconise De Koninck ? Donner à l'homme "les outils intellectuels", lui apprendre à "penser", car seul un jugement critique des situations et apports sans cesse renouvelés de nos sociétés permettra à l'homme de s'adapter à la complexité du monde.
Ne pas arrêter la philosophie, la répandre davantage, au contraire, afin de transmettre aux générations futures "le goût de l'avenir" ( 14e § ). Seule la formation complète d'un individu – non pas basée sur certains savoirs spécifiques et limités  mais prenant en compte toutes les dynamiques de l'humain – pourra le construire et le guider suffisamment vers "de nouvelles quêtes de sens", à savoir, pourquoi sommes-nous ici, et qu'allons-nous faire ensemble pour donner un sens à nos sociétés si différentes ?"


La question se pose désormais : Comment de nos jours adapter l'enseignement de la philosophie ?

Ceux qui ont une idée : je prends ! Shocked


Dernière édition par Admin le Mer 27 Sep - 0:06, édité 2 fois
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Petronius

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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Mar 26 Sep - 21:02

La question qui se pose en même temps est : souhaite-t-on vraiment enseigner la philosophie aujourd'hui ?
Les jeunes gens n'en font pour la plupart qu'une seule année, et le programme est si important à ingurgiter qu'on a rarement le temps de s'attarder sur les idées ou sur les auteurs. En réalité il me semble qu'il s'agit plus d'une initiation à la philosophie et que tout repose sur les épaules du professeur. Tâche titanesque dans la mesure où au cours de leur scolarité les élèves sont moins habitués à se poser des questions qu'à obéir à leur professeurs en vue de l'obtention du Graal que représente le Bac.
Intéresser les jeunes à la philosophie, à mon avis reviendrai à faire moins riche en matière de programme mais plus approfondie. Et à ne pas faire l'impasse sur les philosophie orientale comme le bouddhisme ou le Taoïsme par exemple.
On pourrait commencer cet enseignement dès la seconde, voir même dès le collège ou la matière pourrait être proposée en option à l'image de certaines langues vivantes. Il faudrait pour cela que les concepteurs de programmes scolaires soient convaincus de l'utilité de la matière.

Or rien ne me semble plus utile dans un monde ultra spécialisé que de se poser la question du « Pourquoi ». Mais rien n'est plus subversif en même temps. La philosophie n'est ni productive ni rentable, deux valeurs portées aux nues par les petits maîtres d'aujourd'hui. Le philosophe pense et s'interroge au lieu de passer son temps sur les applications de son portable. S'interroger, interroger l'autre, c'est demander des comptes, ce que notre monde a bien du mal à supporter. Mon (désormais) vieux prof de français nous répétait souvent : « Votre droit de réponse, on s'en fiche ! Ce qui est important c'est votre droit de question. »

La philosophie, c'est d'abord le droit de question. Pour un jeune de terminale, les questions seraient par exemple : "Le bac, pourquoi faire ?" ; "Travailler apporte-t-il le bonheur ?" ; "Les efforts sont-ils toujours récompensés ?" ; "Le monde dans lequel je vais entrer est-il juste ou pas, est-il légitime de vouloir le changer ?" ; "Que suis-je en droit d'attendre (ou pas) de mon professeur ?" Rendre la philo plus intéressante passe à mon humble avis par la réflexion sur ce genre de sujets plutôt que sur le passage en revue de concepts plus ou moins abstraits qui certes ne risque pas d'entrainer des rebellions mais dont tout le monde se moque plus ou moins et à ce moment de leur existence plutôt plus que moins.

Je ne dis pas, bien sûr que le monde des idées pures, ou l'étude de la cité de Dieu de St Augustin ne servent à rien. Simplement que Sénèque et sa vie heureuse, l'Homme de Diogène, ou la conception de la morale de Nietzsche parlent plus à un jeune de 17 ans et sont plus à même de lui donner envie d'approfondir ses connaissances en philosophie.

Mais comme toujours en la matière, c'est un simple point de vue.
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xXxdarkguerrier41xXx

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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Jeu 28 Sep - 22:45

A mon sens , la question de l'enseignement de la philosophie est dès le départ tronquée. En effet, cela sous-entend  que la philosophie (au singulier) s'enseigne (dans un cadre scolaire en plus). Or en réalité, nous sommes tous conscient de la diversités des philosophies et des difficultées si ce n'est de l’impossibilité de son enseignement (cf cours de philosophie).

Alors oui, aujourd'hui il est bien simple de caricaturer nombres d'élèves en les disants peu interressés (c'est un euphémisme) et autocentré, en plus de cela évolue dans un contexte "d'hyper-spécialisation" des études etc (tout le blahblah)... Ne faudrait-il pas remettre en question ce que l'on entend par enseignement et philosophie?
Commençons par le principale c'est-à-dire la philosophie. Le plaidoyer de Koninck à pour mérite non pas de soulever les phénomènes causants actuellement un "déclin" de la philosophie (mondialisation, perte de culture..) mais de montrer parfaitement en quoi la philosophie dans sa conception est amalgamé : une prétention intellectuelle.

Parce que oui (oui encore), si on part du principe que la philosophie amène l'esprit critique, l'émancipation intellectuelle, voir même l'existence de la démocratie (ça c'est la morale aristocratique un peu non? voir très démagogique  Smile ) c'est tout de suite plus simple de justifier son enseignement mais ceci est justement contre-philosophique.

La philosophie n'est pas cette utopie pensée et pensante du bonheur, du sens de la vie, de l'esprit critique, de l’intellect supérieur, de la réponse au doute et à l'ignorance...
"Penser, c'est se chagriner, il faut vivre sans pensées, c'est le bonheur" (Dostoïevski, L'esprit souterrain)

La philosophie est bien plus nuancé, c'est une terre tantôt aride et particulièrement dur (Schopenhauer ne rend pas forcement gai il me semble, on pourrait citer les auteurs "tragique" particulièrement difficile d'accès) tantôt douce (Hédonisme,Épicurisme, Marc-Lévysme... non le dernier est juste pour la blague ou  pas). Certain son mort de leur pensé (ex : Robeck et son apologie du suicide)!

La philosophie est également violente, surtout en métaphysique (Kant la compare à une arène et Bergson dira des métaphysiciens qu'ils ne parlent jamais de quelque chose mais toujours contre quelqu'un), on est loin de cette vision étymologique "d'amour de la sagesse".
Bon je ne vais pas non plus définir la philosophie, ce n'est pas le propos mais il me semble important de briser cette statue que de Koninck semble construire.
Bon maintenant venons en au sujet plus brulant, celui de l'enseignement (ne me renvoyez pas svp, merci). Alors tout d'abord je n'ai jamais été "prof de philo" mais j'ai une grande expérience d'élève (déjà 4 semaines!) mais un élément me frappe particulièrement c'est l'absence, le vide et le néant. C'est l'attente, de quoi je ne sais pas d'ailleurs mais il y a selon moi un réel décalage entre cette philosophie que l'on nous présente et les élèves, d'une part par cette posture à la fois méliorative et très défensive et cette image d'élève qui prime sur l'être. Car contrairement à ce que certaines "instances" indiquent, les élèves réfléchissent, et plus qu'on ne le pense mais d'une approche et d'une démarche différente, dans des contextes évidemment différents (#TeamJESSICA).

Bien sûr on pourrait se dire que c'est un problème d'accessibilité (Kant au premier cours, pour moi ça reste quand même sympa :p ), mais la n'est pas l'essentiel, car on parle de philosophie, un travail personnel et surtout libre, le reste (culture savante) suivras tôt ou tard. Attention je ne dis pas qu'il faut qu'on commence la philosophie par un film disney en réfléchissant sur les différents niveaux d'interprétation, mais cela doit venir des élèves et de ce qu'il connaisse (c'est pas que la télé-réalité et twitter même si en grande partie...).

En bref, la démarche de Koninck me semble totalement illusoire (et inutile au passage) car elle n'est pas philosophique mais politique et sociétale. Le temps ou les lettres et la philosophie dominé la sphère intellectuelle n'est plu, ce n'est pas la un deuil mais le début d'un renouveau par l'arrivé d'autres sciences.

Je précise quand même que ce n'est pas ma pensée ni mon point de vue (je pense plutôt que les cours de philo sont des aberrations, comme la majorité du système scolaire, mais bon il me faut bien vivre en société)

PS : surement plein de fautes, d'oublies (demandé si besoin, il est tard tout ca tout ca) etc... mais désolé je fais des études spécialisés en maths.  silent

(De toute façon j'existe pas hein)
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Petronius

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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Ven 29 Sep - 0:38



Tu soulèves bien des problèmes intéressants, tu argumentes avec intelligence et sans concession avec cette fougue de la jeunesse que j'aimerai tant avoir conservé. (Au fait, je me permets de te tutoyer et tu peux faire de même avec moi).
Je vais tenter de répondre à tes observations paragraphe après paragraphe, ce qui sera plus facile pour tout le monde.

Pour commencer, tu as raison, l'auteur de ce texte donne un point de vue qui est le sien et qui n'est pas forcément partagé par tous. Il a écrit sous forme de lettre ouverte, c'est à dire qu'il s'adresse à tous le monde, mais en réalité ses propos doivent être recadrés dans leur contexte. Il écrit à des canadiens, à propos de l'enseignement de la philosophie tel qu'il est pratiqué au Canada. Cela dit, les mêmes questions peuvent se poser également en France.




A mon sens , la question de l'enseignement de la philosophie est dès le départ tronquée. En effet, cela sous-entend  que la philosophie (au singulier) s'enseigne (dans un cadre scolaire en plus). Or en réalité, nous sommes tous conscient de la diversités des philosophies et des difficultées si ce n'est de l’impossibilité de son enseignement (cf cours de philosophie).




Effectivement, on n'enseigne moins la philosophie que l'histoire de la philosophie. En classe de terminale, le programme prévoit que vous puissiez voir certains concepts et certains auteurs, pas de faire de vous des philosophes. LA philosophie n'existe pas en tant que telle, il existe des philosophies, ou des écoles de philosophie. Un épicurien, ce n'est pas un stoïcien, ni un nietzschéen, ni un disciple de Kant. Ce que le programme prévoit semble-t-il, c'est de vous initier à la pensée de tout ce petit monde... Pour quelqu'un qui s'intéresse à la chose depuis longtemps, je comprends que ce soit frustrant. Mais pour quelqu'un qui n'en n'a jamais entendu parler, cela doit être effrayant.






Parce que oui (oui encore), si on part du principe que la philosophie amène l'esprit critique, l'émancipation intellectuelle, voir même l'existence de la démocratie (ça c'est la morale aristocratique un peu non? voir très démagogique  ) c'est tout de suite plus simple de justifier son enseignement mais ceci est justement contre-philosophique.



La philosophie n'a rien à voir avec l'existence de la démocratie. Platon n'a rien d'un démocrate, Blaise Pascal non plus, pas plus que Nietzsche. Tous les trois pour des raisons très différentes en plus.
Par contre, pouvoir comparer les pensée de l'un par rapport à l'autre développe sans doute l'esprit critique.



Bon maintenant venons en au sujet plus brulant, celui de l'enseignement (ne me renvoyez pas svp, merci).



Te renvoyer ? N'y compte pas... Je connais ta prof, elle va juste te retirer 5 points sur ta moyenne...


Alors tout d'abord je n'ai jamais été "prof de philo" mais j'ai une grande expérience d'élève (déjà 4 semaines!) mais un élément me frappe particulièrement c'est l'absence, le vide et le néant. C'est l'attente, de quoi je ne sais pas d'ailleurs mais il y a selon moi un réel décalage entre cette philosophie que l'on nous présente et les élèves, d'une part par cette posture à la fois méliorative et très défensive et cette image d'élève qui prime sur l'être. Car contrairement à ce que certaines "instances" indiquent, les élèves réfléchissent, et plus qu'on ne le pense mais d'une approche et d'une démarche différente, dans des contextes évidemment différents




Je vais sans doute te choquer, mais je ne pense pas que les « élèves » réfléchissent plus que le reste de l'humanité. Ils réfléchissent de la même façon, mais comme tu le soulignes dans des contextes différents.
Cela dit, de part notre culture personnelle, notre éducation, nos religions, nous réfléchissons selon de schémas de pensées préétablies. Etudier la philosophie devrait vous permettre de voir certaines choses avec des éclairages différents.
Le problème c'est de trouver la bonne porte d’accès pour vous faire entrer dans ce monde. Et vous avez la chance d'avoir un professeur qui la cherche parce que cela lui tient vraiment à cœur. De mon temps, la philo, c'était deux heure à gratter sur nos cahiers un cours qu'un professeur nous lisait sans passion et d'une voix monocorde. On n'y comprenait rien, et on n'attendait qu'une seule chose : que le cours se termine.
Pour le reste, je comprends que tu ressentes comme infantilisante la façon dont on vous traite en général à tous les niveaux de la société (pas qu'au lycée). Mais les vieux cons ont toujours régné sur le monde, ce n'est pas nouveau...


Bien sûr on pourrait se dire que c'est un problème d'accessibilité (Kant au premier cours, pour moi ça reste quand même sympa :p ), mais la n'est pas l'essentiel, car on parle de philosophie, un travail personnel et surtout libre, le reste (culture savante) suivras tôt ou tard. Attention je ne dis pas qu'il faut qu'on commence la philosophie par un film disney en réfléchissant sur les différents niveaux d'interprétation, mais cela doit venir des élèves et de ce qu'il connaisse (c'est pas que la télé-réalité et twitter même si en grande partie...).



Là, je trouve que tu as bien résumé la situation. Mais Diogène aurait été une star sur twitter... Résumer une pensée philosophique qui porte loin en moins de 140 signes n'est pas à la portée du premier venu.


En bref, la démarche de Koninck me semble totalement illusoire (et inutile au passage) car elle n'est pas philosophique mais politique et sociétale.



C'est justement parce qu'elle est politique et sociétale qu'elle est utile à mon avis.


Le temps ou les lettres et la philosophie dominé la sphère intellectuelle n'est plu, ce n'est pas la un deuil mais le début d'un renouveau par l'arrivé d'autres sciences.



Science sans conscience n'est que ruine de l'âme...
Dans l'antiquité, on était à la fois philosophe en même tant que mathématicien ou astronome, ou poète, ou médecin. La sphère intellectuelle n'a jamais été dominé par les seuls lettrés sauf au temps des scolastiques.
Ces autres sciences dont tu parles ont besoin d'être questionné ne serait-ce que du point de vue de l'étique. La philosophie sert aussi à cela.


(je pense plutôt que les cours de philo sont des aberrations, comme la majorité du système scolaire, mais bon il me faut bien vivre en société)




Je vais voir dans ma cave si je peux trouver une vieille amphore, une écuelle et une lanterne ainsi pourras-tu rejoindre les disciples de Diogène de Sinope. Very Happy[/i]
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Ven 29 Sep - 1:35

Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres matières (même si j'en ai une petite idée...), mais le professeur qui annone ses cours qu'il a préparés il y a 15 ans, c'est ça qui me paraît aberrant.

En ce qui concerne la philosophie, le prof, un être humain somme toute, et qui pourrait très bien "n'être rien" également (petite provocation gratuite mais truculente d'ailleurs, même si je ne la relève pas quand je l'entends...) - le prof donc, se doit de recommencer encore et toujours, et d'être constamment sur l'ouvrage. Il n'y a pas une seule année où j'ai dit les mêmes choses que l'année précédente (à part mes petites anecdotes personnelles dont tout le monde se fiche mais qui me font toujours rigoler ou m'émerveiller de la vie)(puis il faut bien qu'on ait nos petits plaisirs, déjà qu'on "enseigne" un "programme" dont la moitié ne nous passionne nullement...)

Donc oui, on tâtonne, on essaie de réfléchir à comment amener le mieux la chose, et on apprend à assumer ses maladresses voire ses erreurs.

J'ai beau tourner ce sujet dans tous les sens, outre que je suis soufflée du talent déployé par ce monsieur que je ne connaissais pas encore il y a 1 mois (De Koninck) pour résumer la place de la philosophie -ou plutôt celle qu'elle n'a pas -dans nos sociétés, je suis aussi désespérément attristée de constater que nulle part il n'aide le prof à assurer un cours qui dépoussière un peu les écueils du genre. Les profs qui m'endorment, à la fac, j'ai connu ( Sad  ) hélas...

Je me dis en même temps que les élèves apprennent tout aussi bien de mes erreurs que des leurs, ne serait-ce que parce qu'ils y opposent une objection, comme je le fais de mon côté concernant leur travail.

Alors, et en surfant un peu partout, on comprend que la démarche reste la même ou à peu près : le prof se tourne vers internet ou les cafés philo (voire les 2 en même temps) pour sortir effectivement de cette gangue imposée qui est d'inculquer quelques notions de philosophie à des élèves de terminale. Un an pour ça, je trouve cela tellement ridicule que c'est limite une insulte. L'objectif à atteindre, outre distribuer la connaissance pour faire grandir l'élève, relève aussi de l'utopie... Donner une culture philosophique à qui n'en éprouve pas l'envie, ou stimuler le sens critique de qui pense déjà l'avoir, revient à construire une maison sans ciment (Petronus, on est d'accord que le ciment est une image ).

Il est tard, donc je reviendrai à la charge demain. Je voulais juste réagir à ce point :

"La philosophie n'est pas cette utopie pensée et pensante du bonheur, du sens de la vie, de l'esprit critique, de l’intellect supérieur, de la réponse au doute et à l'ignorance..."

Je crois que la philosophie n'est pas réservée à une élite, à qui est prof ou qui écrit des livres. Une philosophie c'est avant tout une façon de penser, personnelle, subjective. Elle peut toucher ou non des personnes autour de nous, et c'est ce qui est arrivé à tous ces gens passés à la postérité, et qu'on résume par le terme "philosophes".

J'ai bien envie de dire que xxxdarketc est philosophe, parce que 1/ il réfléchit et 2/ il a sa vision bien à lui de la philosophie. A seulement 17 ans, je trouve ça merveilleux.  Wink

Mais je pense aussi qu'il faut laisser à autrui la chance de pouvoir nous apprendre quelque chose, même si on est sûr d'avoir raison.
Se confronter à l'autre est selon moi une des fondations de notre monde intérieur.


Petronus a écrit:
Te renvoyer ? N'y compte pas... Je connais ta prof, elle va juste te retirer 5 points sur ta moyenne...

Je voulais également vitupérer après Petronus. Le sarcasme, c'est mon domaine très cher !

J'en rajouterais, plutôt... Wink  rien que pour t'embêter.

Quant à ça...

Petronus a écrit:
Et vous avez la chance d'avoir un professeur qui la cherche parce que cela lui tient vraiment à cœur.

... Merci pour le cirage de pompes.



PS : DarkguerriersixfoisX, quand on arrive sur un forum, il faut se présenter (voir forum idoine).
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Ven 29 Sep - 10:33

Admin a écrit : Je voulais également vitupérer après Petronus. Le sarcasme, c'est mon domaine très cher !

Et si à l'image des cyniques, tu fondais ta propre école de philosophie, appelée "Les sarcastiques" ?

Pour le reste, il ne s'agissait nullement d'un cirage de pompes, très chère. Tu fais partie de ces professeurs qui essaient d'adapter leurs cours pour rendre les élèves réceptifs, ce qui n'est pas simple avec l'énorme programme que tu as. J'ai eu des professeurs qui récitaient leurs cours depuis vingt ans, sans conviction et sans s'occuper de ce que les élèves en retiendraient. Jamais ces derniers n'auraient eu l'idée de mettre en place un forum comme celui-là.
Quant à notre Noir Guerrier du X, il aurait effectivement été pendu pour insolence pour son insolence et ses propos sur l'enseignement.

Mais la philosophie ne peut se faire sans une dose d'insolence. La Fontaine (Selon que vous serez puissants ou misérables...), Beaumarchais (ses propos sur ceux qui ne se sont donné la peine que de naître), Spinoza (Dieu sinon la nature...), Nietzsche (ses propos sur la morale).
Notre Noir Guerrier enfonce certes des portes ouvertes (tout le monde critique l'enseignement en France, et notre classement PISA démontre que cela n'est pas sans raison), mais il est courageux de le faire en tant qu'élève car il prend le risque de se mettre à dos toute une institution qui ne lui fera alors pas de cadeau. Il serait alors condamné à rejoindre le long cortège des esprits libres et intelligents se retrouvant en marge d'une société qui refuse cette manière de penser. Dans une de ses nouvelles, Jean Raspail conclu "Il était doué pour tout, par conséquent il ne fut rien !" (je cite de mémoire, pardonnez moi).
Je ne saurai que trop lui conseiller pour éviter les mauvais coups la lecture d'un petit livre de Mazarin, "Le Bréviaire des politiciens" dont la morale principale est la suivante : "Simule et dissimule".
A moins qu'il ne décide de devenir un de ces clochards célestes comme Diogène ou Bukowski. Tu sais l'admiration que j'ai pour ces deux là, mais c'est une vie bien compliquée à assumer...

Je pense comme toi que la philosophie n'est pas réservée à une élite (bien que Platon pense le contraire mais tu connais mon avis sur le bonhomme). Mais je pense également comme Nietzsche qu'elle permet d'accéder à la seule véritable aristocratie qui est celle de la pensée. Bien loin des Maîtres du monde, le philosophe devient le Maître de sa propre vie. Et notre vie, bien qu'éphémère, n'est-elle pas notre seule bien, la seule œuvre d'art que nous puissions construire ?
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Ven 29 Sep - 12:40

Pour alimenter nos réflexions :

Entretien avec Michel Onfray, Antimanuel (de philosophie)


“Enle­ver le mono­pole de la phi­lo­so­phie aux phi­lo­sophes de pro­fes­sion n’oblige pas à la des­ti­ner aux cafés philo.”



A l’occasion de la sor­tie de son Anti­ma­nuel chez Bréal (2001, 336 p.), Michel Onfray répon­dait début juillet à mes questions.

Pré­sen­ta­tion de l’éditeur :
“On peut phi­lo­so­pher en cha­ren­taises, tran­quille, sans mettre en jeu le monde comme il va ; on peut aussi user de la phi­lo­so­phie comme de la dyna­mite — en nietz­schéen. C’est ce que pro­pose Michel Onfray dans cet Anti­ma­nuel qui inter­roge phi­lo­so­phi­que­ment Le monde réel à par­tir de ques­tions très contem­po­raines : l’esclavage généré par les socié­tés libé­rales, les nou­velles limites de la liberté des­si­nées par le Net, la pos­sible pro­duc­tion géné­tique de monstres, la haine géné­ra­li­sée pour l’art contem­po­rain, la pas­sion du men­songe chez les poli­ti­ciens, etc.
Les lieux com­muns de l’époque, les tabous issus des reli­gions mono­théistes, les réflexes poli­tiques conser­va­teurs, les hypo­cri­sies mon­daines, les valeurs utiles aux men­songes sociaux s’en trouvent mis à mal avec humour et iro­nie — valeurs défen­dues par tes phi­lo­sophes cyniques de l’antiquité grecque. On retrou­vera dans ces pages des mas­tur­ba­teurs, des babouins, des fumeurs de haschisch, des can­ni­bales, des spor­tifs, des poli­ciers, des sur­veillants géné­raux, d’anciens nazis, des pré­si­dents de la répu­blique et toute une faune baroque atta­blée autour d’un buf­fet phi­lo­so­phique que n’aurait pas renié Socrate. Ce livre trans­fi­gure les contraintes du pro­gramme sco­laire des élèves de Ter­mi­nale de Michel Onfray en une série de leçons socra­tiques et alter­na­tives dans les­quelles la jubi­la­tion n’empêche pas la pen­sée — puisqu’au contraire elle la rend possible.”


L’entretien :

F.G : Vous reven­di­quez votre texte comme un “manuel hédo­niste”, deux termes acco­lés qui sonnent bizar­re­ment. Pouvez-vous indi­quer où, pré­ci­sé­ment, vous situez l’hédonisme dans la mise en page et le choix des textes qui ont été les vôtres ? Pour­quoi ce titre ?

M.O : Je veux dire qu’il s’agit d’un manuel (cyré­naïque, cynique, hédo­niste, liber­taire, sen­sua­liste, maté­ria­liste, anar­chiste, alter­na­tif, etc…) mais pas au sens clas­sique du terme ( pla­to­ni­cien, idéa­liste, spi­ri­tua­liste, kan­tien, catho­lique, conser­va­teur, réac­tion­naire, huma­niste, etc…). Manuel hédo­niste, mais anti­ma­nuel sur le ter­rain classique.

F.G : Inter­ro­ger le monde à par­tir de ques­tions très contem­po­raines, est-ce indi­quer que les anciens manuels ne le fai­saient pas ? Ou qu’ils le fai­saient mal ?

M.O : Oui, les anciens manuels sont théo­riques, pla­to­ni­ciens, théo­ré­tiques mêmes, ils se refusent à mettre en pers­pec­tive le monde et la pen­sée, la théo­rie et la pra­tique, le réel et les textes, la phi­lo­so­phie et l’ imma­nence. De ce refus pro­cède le dis­cré­dit dont souffre actuel­le­ment la phi­lo­so­phie. Et les pro­po­si­tions déma­go­giques pro­cèdent du même état de fait…

F.G : Les thèmes que vous abor­dez seront sans doute jugés “pro­voc” par les chiens de garde de l’ancienne phi­lo­so­phie bour­geoise ; entendez-vous signi­fier qu’on peut (doit ?) phi­lo­so­pher à par­tir de n’importe quel sup­port ? Le risque n’est –il pas alors qu’on phi­lo­sophe n’importe comment ?

M.O : La pro­vo­ca­tion, éty­mo­lo­gi­que­ment, vise la pro­duc­tion de vio­lence, ce que je ne veux pas. Je sou­haite l’esprit socra­tique : iro­nie et maïeu­tique, inter­ro­ga­tion et sub­ver­sion, rire et sagesse. Je crois qu’il est radi­cal d’affirmer qu’il n’existe pas de sujets phi­lo­so­phiques et des sujets qui ne le sont pas, mais des trai­te­ments phi­lo­so­phiques de tous le sujets possibles.

F.G : Mais de jeunes élèves sont-ils à même de pro­duire de telles dis­tinc­tions ? Est-ce que dans les faits l’ anti­ma­nuel ne s’adresse pas déjà à celui qui a épuisé les formes tra­di­tion­nelles de manuel ? Les ques­tions ser­vant d’accroche aux thèmes du pro­gramme sont certes abor­dées avec beau­coup d’humour et de contem­po­ra­néité par vos soins, mais n’en revient-on pas, en défi­ni­tive, au même ? A ce même qu’il s’agit peut-être d’éradiquer pour un ado­les­cent : l’idée que pen­ser par soi-même implique de se col­le­ter aux textes écrits par d’autres, qu’il ne connaît pas et dont il n’apprécie pas néces­sai­re­ment la langue ?

M.O : Il s’agit de ne pas lais­ser le mono­pole de la phi­lo­so­phie aux agré­gés, doc­teurs, diplô­més et autres offi­ciels de la phi­lo­so­phie — qui confisquent les sujets et leurs trai­te­ments. La phi­lo­so­phie reve­nant à ceux qui la veulent, y aspirent et pra­tiquent l’ascèse néces­saire ne signi­fie pas la phi­lo­so­phie à n’importe qui, mais cela signi­fie la fin de la phi­lo­so­phie aux seuls médaillés repro­duc­teurs du sys­tème… Enle­ver le mono­pole de la phi­lo­so­phie aux phi­lo­sophes de pro­fes­sion n’oblige pas à la des­ti­ner aux cafés philo et aux déma­gogues. La démo­cra­tie n’est pas la déma­go­gie, mais la réfu­ta­tion de l’élitisme.

F.G : Vous avez incor­po­rez dans votre “(anti)manuel” des images qui détonnent mais sur les­quelles vous n’insistez pas outre mesure. Tous les styles de repré­sen­ta­tion figurent ici et coha­bitent sans que soient pous­sées plus avant la limite her­mé­neu­tique qui leur revient. Ainsi, cer­tains des auteurs à qui vous (re-)donnez la parole sur­prennent par rap­port au flo­ri­lège habi­tuel des bons gros épais (et illi­sibles) manuels d’antan. En quel sens sont-ils plus par­lant que leurs pré­dé­ces­seurs selon vous ?

M.O : Ils disent que la liste offi­cielle et cano­nique des auteurs au pro­gramme est une liste idéo­lo­gique. Que la phi­lo­so­phie ne se résume pas, ne se réduit pas aux offi­ciels, mais qu’une mul­ti­tude de cou­rants, de noms propres, d’oeuvres, existent indé­pen­dam­ment des pen­seurs habi­li­tés. Plus forts, plus sub­ver­sifs, plus radi­caux, plus inquié­tants pour le système.

F.G : Cela signifie-t-il que, phi­lo­sophe, on ne pense que dans, par et à tra­vers les textes ? Le rôle de réfé­rent joués par les textes phi­lo­so­phique n’est-il pas pré­ci­sé­ment ce à quoi les futurs appren­tis refusent de se sou­mettre, par prin­cipe ? On s’attendrait à ce que vous jugiez le concept même du manuel-viatique comme obso­lète, puisque par défi­ni­tion inadé­quat à l’exhaustivité. Quel était l’intérêt pour vous d’en lan­cer un nouveau ?

M.O : L’idée même du manuel n’est pas mau­vaise, ce qui est mau­vais c’est l’idée du manuel clas­sique, confor­miste, conser­va­teur. La forme est bonne ( le vade-mecum, le concen­tré, la syn­thèse qui tient dans la main), le fond seul mérite qu’on le change…

F.G : Le (ce) manuel vous paraît-il l’occasion idéale pour alter­ner ins­truc­tion et édu­ca­tion ? Le pro­blème de l’enseignement se mesure-t-il en ces termes aujourd’hui ?

M.O : Non, l’éducation et l’instruction s’appellent, se néces­sitent. On ne peut oppo­ser ces deux moments néces­saires. Ni la seule ins­truc­tion d’avant 68 ( la tête bien pleine), ni la déma­go­gie post– soixante-huitarde ( la tête bien faite) ne suf­fisent : l’un et l’autre s’appellent, se com­plètent. Du savoir et de l’esprit cri­tique, de la mémoire et de l’intelligence, de la culture et de la réflexion, voilà ce qui s’impose . Seuls les conser­va­teurs et les réac­tion­naires ont inté­rêt à lais­ser croire que l’enjeu sup­pose un choix entre ces caté­go­ries binaires…

F.G : Que pensez-vous de la thèse de M.T Maschino sug­gé­rant la sup­pres­sion de la philo en ter­mi­nale ? Vous ima­gi­nez l’enseignement de la philo dès le cir­cuit des classes pri­maires, met­tant fin au pri­mat napo­léo­nien de la spé­ci­fi­cité du prof de philo en ter­mi­nale : croyez-vous qu’on puisse mieux sai­sir les impli­ca­tions de la réflexion phi­lo­so­phique lorsqu’on ne maî­trise pas encore les règles fon­da­men­tales du lan­gage et du rap­port à l’autre ?

M.O : Maschino est sur un ter­rain polé­mique d’amoureux déçu. Les pires hypo­thèses .… Je n’aime pas les néga­tifs et les néga­teurs, être contre, voilà une preuve de briè­veté intel­lec­tuelle : mieux vaut dire pour quoi l’on milite, ce que l’on défend, ce que l’on pro­pose, ce que l’on veut. Il est plus dif­fi­cile d’être posi­tif, la néga­ti­vité est à la por­tée du pre­mier aigri venu. Soyons plu­tôt pour de nou­velles for­mules, plus adap­tées au réel, moins idéales, moins oublieuses du monde réel, des élèves et de leurs capa­ci­tés effec­tives. Pen­sons de nou­veaux pro­grammes pour les élèves d’aujourd’hui, c’en est fini la France des années où l’on était soi-même au Lycée…

Plus de nos­tal­gie, mais du volon­ta­risme poli­tique.. Envi­sa­ger la philo dès le pri­maire sup­pose qu’on en finisse avec le dogme sacro-saint, napo­léo­nien et patrio­tique, de la philo en classe ter­mi­nale, sous la seule forme de la lec­ture et du com­men­taire de textes ( abs­cons de pré­fé­rence)… Que diable, nous devrions en avoir fini avec les obses­sions de l’Empire et de la III° Répu­blique… Un peu d’audace : pre­nons en consi­dé­ra­tion les savoirs élé­men­taires de la socio­lo­gie, la France a changé depuis Napo­léon, non ?

F.G : On a long­temps parlé du bien-fondé du dis­tin­guo entre élèves de classe géné­rales et tech­no­lo­giques : vous connais­sez par­ti­cu­liè­re­ment bien ces der­nières mais vous auriez tout aussi bien pu oeu­vrer pour les pre­mières et /ou à l’université. Peut-on construire un “anti­ma­nuel” sur le même modèle pour les sec­tions géné­rales ou faut-il ima­gi­ner autre chose ?

M.O : Non, bien sûr. Mon texte est un manuel a des­ti­na­tion de mes classes de lycées tech­niques, mais lisible par tous ceux qui veulent une ini­tia­tion. J’aurais fait le même manuel pour les lycées clas­siques, mais avec trente notions de plus… Et le nombre de textes à l’avenant. Les élèves des lycées tech­niques ne sont pas des élèves au rabais. Moins d’heures, un coef­fi­cient moindre ne sup­pose pas des élèves moins intel­li­gents, moins doués. Ils sont sacri­fiés , évi­tés, éjec­tés du cir­cuit clas­sique, mais pour des rai­sons de besoins sociaux, pas pour cause d’ intel­li­gences moindres…

F.G : J’ ai lu des cri­tiques de votre ouvrage où vous êtes pré­senté de manière assez abra­ca­da­brante : quelle est votre réac­tion à ce sujet ?

M.O : Dans le mesure du pos­sible, et quand on me pré­vient, je ne lis pas les agres­sions, les cri­tiques néga­tives, les pro­pos mépri­sants, etc… pas le temps, pas l’envie hédo­niste de m’emmerder avec les cons… autre chose à faire ( pour leur déplaire encore, c’est mon plaisir)…

Pro­pos recueillis par Fré­dé­ric Grol­leau le 08 Juillet 2001
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Ven 29 Sep - 13:54

Wouatch, c'est long, je lirai ça quand j'aurais plus de temps.

Darkblabla a écrit:
(#TeamJESSICA)

C'est qui Jessica ?
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Dim 1 Oct - 15:18

LETTRE DE TITUS PETRONE AU SUJET DE L'ENSEIGNEMENT DE LA PHILOSOPHIE


Tu te plains dans ta lettre mon cher Marcus, de cette perte de temps que représente pour toi les quatre heures de philosophie qui te sont imposées en classe de Terminale. La matière est, dis-tu « sans intérêt, obscure, confuse, et à des lieux de vos préoccupations actuelles ; à quoi sert-il d'interroger le monde nouveau avec les méthodes du monde anciens ». Tu semblais mettre tant d'espérance dans cette apprentissage nouveau et tu sembles tellement déçu. Au point que tu te demande comment moi-même je puis continuer de porter l’étendard de la philosophie.

Je te répondrai que, hélas, c'est c'est bien le but inavoué de l'état que de vous détourner tes camarades et toi de cet apprentissage. Oh, je vois déjà les biens pensants institutionnels pousser leurs cris d'orfraie et crier au scandale, mais ignorons les un instant veux tu, et penchons nous sérieusement sur le problème.
Ce n'est pas la philosophie que l'on vous enseigne, c'est son histoire. Comme toute histoire, elle est passionnante, mais à condition qu'on prenne le temps de la décortiquer événement après événement, comme on ôte les pelures d'un oignon les unes après les autres. Or, votre programme prévoit de balayer cette histoire de la philosophie des présocratiques à Jean-Paul Sartre en moins d'une année, tout en faisant l'impasse sur les philosophies orientales qui sont aussi importantes que les autres. Imagine que l'on donne la même mission à un professeur d'Histoire ou de mathématique : tu te rends bien compte que cela ne rime à rien.
D'autre part on demande à vos professeurs d'enseigner certains concepts, à l'aide d'auteurs qui se contredisent tous les uns les autres. Démocrite enseigne le déterminisme quand Platon enseigne le libre arbitre, et Epicure affirme que nous sommes déterminés mais avec une part infime de libre arbitre. Kant s'appuie sur la morale religieuse, quand Spinoza prétend que Dieu et la Nature sont la même chose, et que Nietzsche affirme que Dieu est mort. Tous ces philosophes sont remarquablement intelligents et leurs arguments ne manquent jamais de profondeur. Pour que tu puisses te faire un avis éclairé sur leurs enseignements, il te faudrait des années d'études. Or là, avec les fragments qu'on te donne à lire, tu ne peux sortir de tes réflexions qu'avec un esprit embrouillé. Et conclure comme la plupart des élèves que la philosophie n'apporte rien dans le monde actuelle.

Mon cher Marcus, je sais que tu as un esprit critique assez développé. Alors, interroge toi un peu... A quoi rime tout cela ? Quel a toujours été le but des philosophes ? La recherche de la vie heureuse, ou de « la vie bonne ». Et le moteur de leurs pensées a toujours été le questionnement. Or, les tyrans ont toujours mal supporté qu'on les questionne, que ce soit sur la légitimité de leur pouvoir, ou le sens de leurs actions politiques. Quel intérêt aurait donc un état à former des gens à lui demander des comptes, à lui faire la morale, à lui demander de faire autrement que ce qu'il a décidé de faire ? En même temps, les Maîtres de ce temps sont intelligents, ils savent que vous interdire l’accès à la philosophie incitera les plus critiques d'entre vous à s’y intéresser. Alors on fait semblant d'être libéral, on vous dit qu'il faut que vous ayez des notions de la chose, mais on s'arrange en même temps pour que la grande majorité d'entre vous décident qu'elle est sans intérêt.

Autre piège qui vous est tendu, vos professeurs de philosophies sont rarement eux-mêmes des philosophes. Ce sont souvent des érudits, des passionnés, mais ils ne mènent pas, ou rarement, une vie qui soit véritablement philosophique. Et ces derniers souvent, finissent par quitter l'enseignement parce que l'institution les empêchent de transmettre ce qu'ils voudraient.

Et pourtant, je te l'affirme, cette matière n'est pas sans intérêt. Aussi imparfaite soit-elle, elle t'offre l'occasion de survoler des chemins dont certains mènent vraiment à la vie heureuse. Cette année, tu les verras de trop haut pour les apprécier pleinement, mais repère les, voit également les portes qu'on ne t'ouvrira pas, mais qui existent quand même. Et revient donc les ouvrir sur ton temps libre.

Si il n'y a rien à attendre des institutions, tu peux exiger beaucoup de ton professeur. Les meilleurs d'entre eux n'hésitent pas à nouer des liens d'amitié avec leurs élèves et à leur permettre d'emprunter les chemins de traverses sur lesquelles tu rencontreras beaucoup de chercheurs de vérité en quête de la vie bonne et qui marchent chacun à leur propre rythme.

N'oublie pas non plus que le philosophe dérange par ses questions. Socrate fut condamné à mort, Diogène méprisé par les bien pensants, Giordano Bruno périt sur le bûcher de l'inquisition, Spinoza fut mis au ban de sa communauté. Et aujourd'hui encore, voit le sort que réserve la presse à des penseurs comme Finkielkraut ou Onfray. Soit donc persuadé que plus tu poseras de questions, plus tu te heurteras à ceux qui trouvent plus confortable de ne pas s'en poser.
Le philosophe Marc Alain Ouaknin rappelle que selon la Kabbale, le mot Homme et le mot Question possède la même valeur numérique. Ce qui fait dire aux commentateur de la Thora que l'Homme est une question ou que les question sont le propre de l'Homme. Là où il n'y a plus de question il n'y a plus d'humanité. D'où la réponse d'un gardien du camp de concentration à une question que lui pose Primo Levi et à laquelle ce dernier répond : « Ici, il n'y a pas de question ». L'homme qui ne se pose plus de question est spirituellement, ou philosophiquement mort, et c'est pourquoi je dis souvent que nous vivons dans un monde de morts vivants, de zombies. Un monde dans lequel tout est fait pour que tu cesses de te poser des questions : la musique censée te donner un sentiment d'euphorie dans les magasins, la télévision qui te fournit des émission propres à te « vider la tête » (nous achetons des moments de cerveaux disponibles  avait déclaré un responsable de chaîne) ou à orienter ta manière de penser à grand coup de lavage de cerveaux médiatiques, voir le discours de certains politiciens qui prétendent que se poser des questions c'est déjà être complice des terroristes. As-tu remarqué qu'aujourd'hui on ne te demande plus ton avis sur telle ou telle chose, mais ton « sentiment ». Exit la raison, seule l'émotion compte aux yeux des décideurs. On ne demande pas à l'homme de la rue de réfléchir, mais de communier spontanément au compassionnel.

Or l'émotion dicte nos passions quand nos réflexions amènent à demander des justifications. Lorsqu'une bombe explose, la réflexion nous amène à poser des questions : Qui ? Pourquoi ? Comment ? Et les réponses sont parfois embarrassantes. Par contre l'émotion nous entraîne à dire : « C'est monstrueux, c'est effrayant... J'accepte d'abandonner une partie de mes libertés en échange de la promesse d'une meilleure protection ». C'est par exemple, après l'incendie du Reichstag que le peuple allemand a accepté les pleins pouvoir d'Adolf Hitler.

Voilà pourquoi, mon cher Marcus, je te conjure de continuer à t'intéresser à l'enseignement de ton professeur. Il ne peut pas tout, et il ne peut certes pas satisfaire ta légitime curiosité pendant les heures de cours étant donné le programme qui lui est imposé. Mais à travers les pistes qu'il te donneras, n'hésite pas à approfondir les sujet par toi même et à profiter de tous tes temps libres pour philosopher. Pense par toi même, questionne sans cesse, débat lorsque tu peux... C'est la seule manière à mon sens de ne pas rejoindre la cohorte de zombies qui envahissent nos rues actuellement.

Porte toi bien.
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Dim 1 Oct - 22:28

Hmmm..
J'avais dans l'idée d'expliquer plus clairement mon texte car il me semble que sa finalité et ses propos n'ont pas été bien comprit. Mais étant donné ma flemme, je vais juste donné quelques indications de lecture pour déméler second degré,sarcasme,ironie et propos.
Premier élément, mon texte est centré sur une critique/des critiques certes mais ce n'est pas son propos (j'y serais allé plus fort pour une critique quand même). Le texte est une invitation implicite à philosopher, il ne s'agit pas d'un jeu d'attaques et de défenses (même si je me moque beaucoup c'est vrai, c'est très drôle; pour moi en tout cas), si on reste attentif au texte il y a de nombreuses contradictions et sous-entendu, il faut vraiment se questionner sur la thèse du texte et son intérêt pour vous, lui et moi. Il faut prendre en compte plusieurs perspectives et ne surtout pas avoir une lecture linéaire (très important!) car les paragraphes sont écrit pour se répondre entre eux (les mots aussi mais la sa devient trop compliqué, pour l'instant...).
Second point, il faut rester logique (même si je le suis pas toujours) dans l'interprétation par rapport au premier point.
Voila, je veux pas jouer au professeur mais il y a eu des contresens Razz . Ce que j'ecris/dis a souvent un sens faussement explicite mais il y a bien un sens "caché", plus fin et intelligible (ca me permet de distinguer mes interlocuteurs ^^).
Indice : N'oublier pas que je n'existe pas. Bonne chance !
Ps : TeamJESSICA = référence à la télé-réalité Les Marseillais
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Lun 2 Oct - 1:27

Eh bien... c'est là que je ne comprends pas très bien.

Si on veut être intelligible quand on a quelque chose à dire, je ne suis pas sûre que mettre en avant sarcasme, second degré, vrai questionnement et sens caché, soit le meilleur moyen d'y parvenir.

A mon sens, un argument est suffisamment fort dans son contenu, pour qu'il soit totalement superflu d'en faire des tonnes dans sa forme. S'il faut, pour faire passer un message, l'enrober de tout un tas de trucs fumeux, c'est que le message en lui-même EST fumeux. Very Happy

Je veux dire, chacun utilise l'ironie, le second degré et la profondeur, mais peut-être faut-il mieux le doser afin de ne pas se noyer ? Quant aux sens cachés... Encore une fois, lors d'un débat, il vaut mieux être clair, et lorsqu'on a envie d'ajouter un double sens à ce qu'on dit, si ce dernier n'est pas perceptible, ça sert à quoi ?

Concernant la lettre ouverte de De Koninck, je pense que j'ai raté la bonne occasion de le présenter. Vous êtes encore trop inexpérimentés dans le domaine de la philosophie pour le comprendre en profondeur. Quand on aborde un texte, il faut garder ce précepte en tête : l'auteur n'est pas un imbécile... donc si on pense voir des contradictions, soit c'est l'auteur qui les a délibérément introduites, et la question principale est pourquoi -  soit c'est le lecteur qui n'a pas su interpréter les arguments de l'auteur.

Partir du principe que le lecteur a décelé de majeures contradictions dans une thèse sans que ce soit le choix de l'auteur, me parait également très casse-gue*le (et un tantinet prétentieux). Very Happy

Je me souviens par exemple d'un élève qui m'avait fait remarquer cet apparent paradoxe : entre savoir qu'on ne sait rien, et ne rien savoir, il y a une différence de degrés dans l'ignorance.
Concrètement, plus on en apprend, plus on en sait, plus on sait que moins on en sait.
L'ignorant, faute d'éducation et de culture, ne sait rien... même pas qu'il ne sait rien.
Il y a là abus de langage, selon moi.

Je n'ai pas compris non plus le passage sur "un jeu d'attaques et de défenses". Mais c'est peut-être dû au fait qu'entre temps, Petronius en a fait des caisses, comme à son habitude. Rolling Eyes




'Fin bref. Il se fait tard. Petronius, j'ai trouvé la lettre de Petrone à Marcus très bien faite. Je ne suis pas forcément d'accord avec tes arguments, mais pourquoi pas ? C'est une façon de voir les choses, elle peut être source d'enseignement. Merci !
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Lun 2 Oct - 21:00

Bon pour continuer le jeux : il est plus facile de faire des généralités sur quelques choses que l'on a pas compris que d'essayer de le comprendre Smile
Pour en revenir au sujet je vais essayer d'expliquer (c'est pas facile je suis plutôt un "intuitif" donc excusé moi illettrisme dans la langue commune c'est à dire le déductif).
J'ai écrit le texte comme une invitation à philosopher, non pas une initiation ou une approche sociétale et politique mais comme un texte critiquable qui critique.
C'est déjà un élément de réponse quand à la question de base. Car le réel problème du texte de Konnick n'est pas qu'il ait tort ou raison (ça honnêtement on s'en fiche je et c'est plus une question de contexte qu'autre chose) c'est qu'il, je le crains confirme une vision caricaturale des deux côtés : d'une part les élèves retrouvent cette vision de philosophie comme "prétention intellectuel" et d'autres part il n'y sont pas invité (c'est le problème du commentaire, je pense que c'est un faux amis). Car le texte a été compris, croyez moi (en tout cas ceux qui se sont donné la peine d'essayer de le comprendre, le texte n'étais pas difficile mais il nous renvoyer plus à l'histoire-géographie qu'autre chose), mais sa finalité non, car face au plaidoyer il n'y a pas de réflexion philosophique possible au premier abord (commenter un plaidoyer ca releve de la paraphrase ni plus ni moins, et ça ce n'est pas seulement moi qui le pense).
Concernant la nécessité de la philosophie, et la c'est moi qui l'avance, il n'y a pas plus belle réponse que de philosopher. J'essaye un peu d'expliquer mais il en manque encore beaucoup donc je continuerai plus tard.
N'hésitez pas à poser des questions entre temps ou à soulevé certains points.

PS : pour que ce soit clair quand je dit que je n'existe pas c'est qu'il n'est question que de pensé pas d'ego d'orgueil de qui a raison ou qui a tort car toute ces valeurs s'évaporent vite. (Rédiger sur téléphone donc soyez indulgent)
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Lun 2 Oct - 21:02

La question de la place de la provocation dans le pensée/philosophie mériterais son propre département au passage
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Mar 3 Oct - 11:17

"...c'est qu'il, je le crains confirme une vision caricaturale des deux côtés : d'une part les élèves retrouvent cette vision de philosophie comme "prétention intellectuel" et d'autres part il n'y sont pas invité ..."

Tu n'as pas tort à mon avis. Pour quelqu'un n'ayant jamais entendu parler de philosophie, l'affirmation : "elle est indispensable" alors qu'il a toujours vécu sans, peut paraître agaçante. Et oui, bien qu'étant écrit sous forme de lettre ouverte, ce texte s'adresse surtout à des gens qui savent déjà (ou croient savoir) ce qu'est la philosophie.

"...car face au plaidoyer il n'y a pas de réflexion philosophique possible au premier abord..."

Au premier abord peut-être, mais au second, si. Un plaidoyer ne va que dans un sens, libre à toi de construire un argumentaire qui va dans l'autre sens. Mais pour ce faire, il faut d'abord analyser ce plaidoyer. C'est d'ailleurs ce qu'apprenaient les sophistes, injustement critiqué et jetés dans les poubelles de la philosophie...

...pour que ce soit clair quand je dit que je n'existe pas c'est qu'il n'est question que de pensé pas d'ego d'orgueil de qui a raison ou qui a tort car toute ces valeurs s'évaporent vite.

Hum... Voilà encore qui mériterait un débat. Le "JE est une illusion" (pensée bouddhiste), face au "COGITO ERGO SUM" de Descartes.
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Mer 4 Oct - 14:00

Super sujet de réflexion, ça ! Razz

Mais on y viendra avant la fin de l'année... hé hé hé

"Oh ! quel rêve !... - J'ai cru que Tout songeait à Moi,
J'ai dit que j'existais, j'ai demandé pourquoi ;
J'ai hurlé que les cieux me rendissent des comptes !
Ô Loi, sereine Loi, j'ai voulu que tu domptes
Le vouloir, pour rentrer au vieux néant quitté !
J'ai dit que je scindais en deux l'Éternité !
J'ai crié ma souffrance et cité la Justice ;
Je me suis demandé si la Force rectrice
Ne tressaillirait pas à l'instant de ma mort !
Si tout, Moi n'étant plus, continuerait encor !
Mais suis-je seulement, insensé !
Quel vertige !...
Il faut pourtant presser ce mot ! Oui, suis-je ? suis-je ?
Ce corps renouvelé chaque jour est-il mien ?
Je vois un tourbillon, incessant va et vient
D'atomes éternels, oublieux, anonymes,
Et qui ne savent rien des vertus et des crimes
Dont ils furent le sol, voyageurs inconstants,
Par l'espace infini, depuis la nuit des Temps ! -
Oui, ces poumons, ce cœur, cette substance grise
Est-ce Moi ? N'est-ce pas tout aussi bien la brise,
Les charognes, les fleurs, les troupeaux, tout enfin ?
Où sont mes nerfs d'hier, mes muscles de demain ?
Où donc étaient mes bras, mes yeux, mon front, ma bouche
Il y a dix mille ans ? Réponds, ô vent farouche
Qui balayes l'azur charriant des débris
De fleurs, de vibrions et de cerneaux pourris ?
Et dans ces temps réels où le Soleil, la Terre
Et ses sœurs, voyageaient à travers le mystère
Des espaces, au flanc d'un fleuve de chaos
Qu'étaient mes nerfs d'artiste, et ma chair, et mes os ?
Qu'étaient-ils dans la Nuit, là-bas, plus loin, encore
À jamais, sans espoir ? Puisque le Temps dévore
Des siècles de soleils, où serez-vous alors,
Atomes qu'aujourd'hui j'ose appeler mon corps ?
Non, mon corps est à tout, et la nature entière
N'est qu'un perpétuel échange de matière.
Rien n'existe que Brahm, il est tout, tout est lui,
Et plus de siècles ! c'est à jamais aujourd'hui."


Jules Laforgue
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Mer 4 Oct - 14:17

A ne pas confondre avec Paul Lafargue, journaliste, économiste, essayiste, écrivain et homme politique socialiste français. Gendre de Karl Marx, il est surtout connu pour son essai Le Droit à la paresse. Il a été militant de l'Association internationale des travailleurs, du Parti ouvrier français, du Parti socialiste de France et de la Section française de l'Internationale ouvrière
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Jeu 5 Oct - 1:03

Oui... et ?


Laughing
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MessageSujet: Re: De la nécessité de la philosophie ?   Jeu 5 Oct - 10:37



Et le droit à la paresse est à ne pas confondre avec l'éloge de l'oisiveté de Russel....
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